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L’ESIV retrouve sa visibilité

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Alors que les deux autres établissements de l’ancienne La Fabrique ont fermé, l'École Supérieure de l’Industrie du Vêtement (ESIV) est plus vivante que jamais, toujours prisée par les entreprises et ses étudiants et avec de nouvelles formations !

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Exit La Fabrique, l’ESIV “retrouve ses lettres de noblesse”, explique Véronique Bekhdadi, responsable pédagogique de l’Ecole Supérieure de l’Industrie du Vêtement, fondée en 1945. En 2013, l’ESIV est intégrée, avec deux autres établissements de formation de la CCI Paris Île-de-France, Les Ateliers Grégoire (maroquinerie, décoration) et Novencia/IFA Chauvin (merchandising), au sein d’un nouvel établissement : “La Fabrique”, Porte de Champerret (Paris 17ème). Après leur fermeture, l’ESIV retrouve sa marque d’origine et fait évoluer son offre pour mieux s'adapter aux besoins. Sa visibilité retrouvée arrive à pic dans un contexte de regain d’intérêt pour les savoir-faire et l’industrie hexagonaux. “Garants de la fabrication française, notre école est la seule au monde à former à ce niveau des cadres techniques”, affirme Véronique Bekhdadi.

Dans ses 800 m² d’ateliers, l’ESIV centre toujours son offre sur son Mastère en deux ans, objet d’une réinitialisation majeure via un nouveau titre RNCP reconnu fin novembre par l’Etat. Son intitulé -Manager, expert du développement et de la production de produits de mode- traduit l’évolution de ce diplôme offrant une double compétence, technique (confection, textile, industrialisation, qualité, supply-chain) et managériale (business, développement produit). 

 

Plus d’éco-conception

Véronique Bekhdadi, responsable pédagogique de l'ESIV. Crédits photos : ©ESIV

Axé sur le vêtement (chaîne et trame et maille), il comprend aussi, depuis deux ans, une initiation à la maroquinerie en partenariat avec les Compagnons du Devoir. Un plus pour les étudiants se dirigeant vers des entreprises de maroquinerie comme directeur industriel.

Le nouveau Mastère accroît aussi son contenu en matière de performance environnementale et sociétale,  associé désormais à chaque bloc de compétences. L'École a aussi ajouté en deuxième année,  une étude de cas de 35 heures avec une entreprise (la réparabilité chez Agnès B pour la dernière promotion ; les stocks dormants chez Maison Lemaire cette année). Le nouveau RNCP introduit également “des informations sur la data pour l’analyse prédictive, incontournable pour les temps et données de production”. Certains élèves seraient déjà devenus de “vrais experts”.

Deux entrées coexistent pour intégrer le Mastère.  La première, vers une alternance de deux ans, est ouverte aux Bac +3 (BTS Métiers de la Mode et du Vêtement (MMV) et licence). La deuxième entrée cible des bac+3  toutes spécialités, à condition “qu’ils aient un projet professionnel”. Après une immersion à temps plein dans les métiers du vêtement la première année,  ils rejoignent la deuxième année en alternance.

 

Formation initiale et reconversion

Crédits photos : ©ESIV

L’ESIV attire aussi chaque année environ deux à trois personnes en reconversion, mélangées avec les étudiants en formation initiale. “L’an dernier, nous avions deux femmes quadragénaires, l’une issue d’un secteur connexe de la mode (directrice de magasin) et l’autre du digital marketing parfums. C’est un vrai défi pour ces personnes en reconversion car l’école a des horaires extrêmement fournis pour former à notre niveau d’excellence” , explique Véronique Bekhdadi. Afin  de préserver la qualité de l’enseignement, les classes comptent seulement 18 étudiants.

Le nouveau Mastère de l’ESIV prépare aux métiers de direction technique, responsable d’industrialisation/méthodes des lignes de fabrication, développeur produits et chef de produit. “Quand ils rejoignent notre école, tous les étudiants veulent devenir chef de produit, mais dans une promotion, très peu vont exercer ce métier, car à l’ESIV, ils  découvrent d’autres métiers où il y a de belles carrières techniques”, observe la responsable.

En septembre 2026, l’ESIV va aussi lancer un cycle initial au Mastère, lui aussi RNCP,  préparant à son cursus alternance, accessible aux bac+2. 

Enfin, l'École annonce aussi pour la rentrée, un Bachelor “Sciences et techniques de produits de mode et d’accessoires”, trois ans post-bac (un an pour les titulaires d’un BTS MMV), visant “ceux qui veulent  travailler rapidement” à “des emplois de cadre intermédiaire, tels qu’agent de maîtrise”. Cette formation, qui fait l’objet d’une demande de reconnaissance RNCP, comprend des stages (entre 3 et 6 mois selon les années).

 

Répondre mieux aux besoins

Crédits photos : ©ESIV

Toutes ces formations collent de près aux besoins du terrain. Les enseignants ESIV ont évolué ou continuent d’exercer en entreprise, les premiers s’immergeant une semaine par an sur le terrain pour confronter l’enseignement aux attentes de la filière. Tous “adorent travailler avec les étudiants, hyper interactifs et intéressés”. Pour stimuler l’intérêt de ces derniers mais aussi des sociétés pour l'école, le projet de “mini-entreprise”, dans l’objectif est de créer une marque, fait partie de l'ADN ESIV. Parrainés cette année par  Plissés de France, offrant tissus et conseils, les étudiants réalisent une silhouette de la création à la fabrication en 50 à 80 exemplaires, qu’ils commercialisent. Des partenariats sont noués avec d’autres Écoles : les Gobelins Paris ou  l’ISPICA (Institut supérieur international du Parfum, de la Cosmétique et de l’Aromatique alimentaire) développent charte graphique, logos, jus et cosmétique pour la marque. 

Autre levier de proximité entre l’ESIV et la filière, l’obligation de passer deux mois de stage dans des ateliers en France ou à l’étranger pour clôturer la première année du Mastère temps plein. “Nous sommes aussi capables de répondre très vite à des demandes d’entreprises pour collaborer sur des projets concrets, qui n’auront rien de scolaire, chiffrés jusqu’au bout”, explique Véronique  Bekhdadi, évoquant l’exemple, en 2014, d’une puce électronique intégrée de façon invisible dans les vêtements, fruit du cahier des charges de la société PRIMO10. 

 

93% d’insertion

Crédits photos : ©ESIV

La formule marche. 93 % des étudiants ESIV travaillent six mois après l’obtention de leur diplôme. “Soit ils continuent leur alternance en CDI, soit ils vont voir ailleurs car la demande est très forte pour les profils ESIV et les offres d’alternance affluent grâce notamment à nos Alumnis présents partout dans la filière", explique-t-elle. Le rythme en alternance (une semaine à l’école, trois en alternance) permet aux étudiants, beaucoup issus de province, d’aller ailleurs qu’à Paris.  Des étudiants étrangers -environ 10% par promotion-  peuvent aussi partir en stage en Europe, Asie ou Afrique du Nord…Mais “certains préfèrent rester en France pour comprendre les ressorts du savoir-faire hexagonal, bénéficiant toujours d’une aura”.

Côté étudiants, la demande d’inscription est en hausse pour la rentrée 2026,  une première depuis 2013. L’ESIV n’exclut pas une classe supplémentaire, sans dépasser la limite de 18 étudiants. Selon Véronique Bekhdadi, le lancement de La Fabrique avait causé “une dilution de la communication autour de l’ESIV”, beaucoup de personnes la croyant disparue. Mais depuis six mois, une nouvelle chargée de communication déploie une démarche plus percutante pour atteindre sa cible via les réseaux sociaux (TikTok…). Et depuis l’an dernier, l’ESIV renforce ses visites dans les Écoles avec des Alumnis pour mieux se faire connaître. 

“Plus petite école de la CCI  Paris Île-de-France, nous sommes considérés  comme son diamant  grâce à l’engagement très important  des enseignants et des élèves”, souligne Véronique Bekhdadi.  Malgré sa petite taille, l’ESIV se fait aussi remarquer à l’étranger. L'École est en pourparlers pour un partenariat avec l’université du Québec, intéressée par la complémentarité de l’enseignement, très terrain, de l’ESIV avec le sien, centré sur la gestion de production. De quoi faire rayonner  l’expertise du Made in France…

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