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CACHÍ, les coquetteries du vestiaire masculin

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Née de la rencontre entre Belén Frias et Élise Girault à Paris en 2018, CACHÍ revisite les essentiels du vestiaire masculin à travers leurs deux cultures. Entre charme argentin, élégance française et savoir-faire artisanaux, les créatrices développent une mode où chaque détail a son importance, de la coupe aux matières, jusqu'aux collaborations précieuses avec les ateliers.

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Le nom CACHÍ fait référence à un petit village du nord de l'Argentine, où l'artisanat et le travail manuel occupent une place essentielle. Un accent ajouté pour sa prononciation française se dessine comme un premier clin d'œil au dialogue culturel qui anime la marque. Après une riche année passée à l'incubateur de l'Institut Français de la Mode (IFM) et l'obtention du prix AMI x IFM, les deux stylistes-modélistes présentent leur première collection au showroom SPHERE en 2025, année de leur arrivée aux Ateliers de Paris.

 

Deux cultures, un vestiaire singulier

Chez CACHÍ, les collections racontent autant des souvenirs que des voyages. Avec Memory is Home, Belén et Élise puisent dans leurs enfances respectives pour imaginer un vestiaire où se rencontrent les vêtements traditionnels des gauchos argentins et la porcelaine de Limoges. “On est parties de nos souvenirs d'enfance, de tout ce qui existait avant notre rencontre, comme pour se les raconter”, expliquent-elles. Les superpositions du costume gaucho prennent ainsi des teintes écrues, tandis qu'un motif floral associe les décors de la céramique française à la fleur de la passion argentine.

La collection suivante, El Campo, poursuit ce dialogue en s'intéressant au vêtement rural pensé avant tout pour accompagner les gestes du quotidien. Ponchos, foulards et pantalons inspirés des gauchos côtoient le débardeur du travailleur français, avant de laisser apparaître une première veste de costume, symbole de leur arrivée à Paris.

Avec La Boca, inspirée du quartier de Buenos Aires et de l'élégance des danseurs de tango, les silhouettes gagnent en prestance. Cols rehaussés, poignets élargis et volumes structurés invitent naturellement à redresser la posture : “quand les gens essayaient les pièces, ils se tenaient plus droits”, se réjouissent les créatrices.

Cette évolution accompagne une réflexion plus profonde sur le vestiaire masculin. Initialement unisexe, CACHÍ se concentre désormais sur les essentiels de l'homme tels que les chemises, pantalons et vestes. “On veut donner plus de liberté dans la silhouette masculine. On veut garder les essentiels du vestiaire tout en y introduisant quelques coquetteries du vestiaire féminin. Celles-ci en touches légères pour en faciliter le porté”, expliquent les créatrices.

 

La coupe et la matière au cœur de la création

Crédit photos : © Dani Bastidas Collection Caballeros CACHÍ

Stylistes et modélistes de formation, Belén et Élise accordent une importance particulière à la construction du vêtement : “on part du volume et de la matière. On priorise notre réflexion sur le tombé du premier prototype”. Le passage de l'unisexe au masculin a d'ailleurs nécessité de reprendre l'ensemble de leurs patronages, afin de mieux ajuster les proportions aux morphologies masculines.

Leur travail repose sur des détails parfois discrets comme un pli déplacé, une longueur de manche inhabituelle, une ampleur subtilement modifiée. “La coquetterie peut même se retrouver dans le tombé”, résument-elles. Une recherche qui prend tout son sens une fois le vêtement porté, lorsque la matière accompagne le mouvement.

Les créatrices privilégient les matières naturelles, notamment la laine, le lin, le coton et la soie ainsi que des mélanges aux effets inattendus, comme une laine imitant le denim. Elles utilisent des tissus issus de stocks dormants, notamment auprès de Nona Source, mais aussi des matières disponibles en stock service pour assurer la continuité de certaines références.

Pour concrétiser leurs modèles, elles s'entourent de modélistes indépendants et d'ateliers français, parmi lesquels Valette Atelier, sur les conseils de la Maison du Savoir-Faire et de la Création, et Brocéliande Confection, qui interviennent dans le développement et la confection. Les productions restent limitées à quelques dizaines de pièces ou réalisées à la commande. “Si on demande à une usine de développer une pièce, c'est cohérent de lui confier ensuite la production”, soulignent-elles, attachées à construire des collaborations suivies avec leurs partenaires.

 

L'artisanat, une autre expression de CACHÍ

Crédit photos : © Dani Bastidas Collection Caballeros CACHÍ

Au-delà de la confection, CACHÍ fait appel à des artisans français et argentins pour développer des pièces singulières où les techniques traditionnelles deviennent de véritables éléments de création.

En France, les créatrices collaborent notamment avec Laurence Liard, brodeuse formée à la Maison Lesage et Danièle Le Geval, spécialiste du tricot. Broches, broderies et pièces tricotées enrichissent ainsi les collections. À propos de Laurence Liard, les créatrices soulignent : “Avec toutes les méthodes et savoir-faire qu'elle possède, elle donne vie à toute idée qu'on va lui apporter”. Le réseau des Ateliers de Paris favorise également de nouvelles rencontres, notamment avec Chloé Valorso, artisane bijoutière et sculptrice métal, et Audrey Bigouin, designer spécialisée dans les matières souples et le cuir, avec laquelle elles développent des foulards.

En Argentine, ces collaborations prennent aussi une dimension familiale. La mère et la sœur de Belén participent à la réalisation de pièces en tricot et crochet. Sa sœur pratique notamment le punch needle, une technique de broderie à l'aiguille traditionnellement utilisée pour les tapis et les objets décoratifs, qu'elles ont détournée sur une veste sans manches et un short. “On a utilisé cette technique à la main sur un vêtement, comme un trompe-l'œil”, racontent-elles.

Aujourd'hui distribuée principalement en Asie, notamment au Japon, en Chine et à Taïwan, CACHÍ poursuit son développement tout en explorant de nouveaux savoir-faire. Pour leur collection printemps-été 2027, Caballeros, les créatrices approfondissent notamment le travail du macramé et du crochet. Elles envisagent également de nouvelles collaborations en Argentine autour de l'alpaca, un alliage métallique utilisé dans l'artisanat local.

Ainsi, entre production française et expérimentations artisanales, CACHÍ construit ainsi un vestiaire masculin dont la singularité tient autant aux références culturelles qu'aux mains qui lui donnent forme.

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