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L’incubateur Les Ateliers de Paris renouvelle ses résidents

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Les Ateliers de Paris lancent mi-février un nouvel appel à projets pour sélectionner quinze incubés dans la Mode, le Design et les Métiers d’art.

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Paris, c’est pour le monde entier : la mode. Mais au-delà des créateurs médiatisés lors des Fashion Week, c’est aussi un riche tissu de jeunes designers, artisans et autres ateliers. Il y a 20 ans, consciente de cet atout, la Ville de Paris décidait d’impulser le BDMMA (Bureau du Design, de la Mode et des Métiers d’Art), service public voué à aider les créateurs à se financer, se structurer, réseauter et se faire connaître.

“La volonté de Paris est de soutenir un secteur économique significatif sur son territoire, vecteur d’attractivité et de rayonnement à l’international et levier essentiel de transformation de notre société. Cela va se décliner en différents outils pour le BDMMA, comme les Grands Prix de la Création de Paris. Notre Incubateur Les Ateliers de Paris fait partie des premières actions portées dès 2006, avec l’objectif d’héberger et accompagner à leur début le développement d’entreprises de création en Design, Mode et Métiers d’art”, souligne Mathilde Nony, la directrice adjointe des Ateliers de Paris.

 

Un nouvel appel à projets

Mathilde Nony, Directrice adjointe Ateliers de Paris. Crédits photos : ©BDMMA

Parmi leurs raisons d’être, le fait que “le territoire francilien compte nombre de jeunes créateurs, diplômés des écoles d’art appliqué de Paris, précise-t-elle. Nous outillons et structurons ces profils en manque de compétences Business, un point commun à tous nos résidents”. Les Ateliers de Paris renouvelant chaque année la moitié (soit une quinzaine) de leurs incubés, un nouvel appel à projet démarre ce 18 février, avec dépôt en ligne des candidatures jusqu’au 16 avril prochain. Outre la saisie d’informations, les candidats devront joindre un dossier visuel “permettant d’apprécier la singularité du projet, un critère primordial pour être retenu, indique Mathilde Nony. Il faudra avoir une proposition innovante, pas forcément d’un point de vue technique, mais aussi créatif, proposer une qualité de fabrication ou de maîtrise des savoir-faire”.

Pour être sélectionnés pour le programme d’un an, renouvelable une fois, les futurs résidents devront avoir amorcé la phase de commercialisation et déjà travaillé sur des prototypes en interne ou avec des ateliers de fabrication, pas obligatoirement français. “Nous demandons une cohérence et une réflexion sur les lieux de fabrication et prenons en compte les impacts environnementaux et sociétaux. Nous privilégions une fabrication made in France ou Europe, mais nous regardons avant tout la cohérence entre la production et le modèle économique". Une étude réalisée en 2022 auprès du réseau des anciens résidents des Ateliers de Paris a cependant montré que, tous secteurs confondus, 75% fabriquaient exclusivement en France et 41% à Paris.

 

Ateliers et nombreux outils gratuits

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Solène Lescouët, incubée aux Ateliers de Paris. Crédits photos : ©BDMMA

Les heureux élus bénéficient d’un atout précieux dans une ville aux loyers élevés : la mise à disposition d’un local de 9 à 35 m2, leur permettant “de sortir de chez eux pour avoir un vrai espace de travail, individuel ou partagé”. Les Ateliers de Paris totalisent désormais deux sites sur 800 m2. Ouvert dès le démarrage au 30, rue du faubourg Saint-Antoine (12e arrondissement), le premier accueille une quinzaine d’ateliers (contre six au démarrage) et une galerie pour organiser expositions, pops-up…Le deuxième, né d’une extension en 2015 au 28, rue Faidherbe (12e arrondissement), compte aussi une quinzaine d’ateliers. Des locaux répartis de manière équilibrée entre les trois secteurs Design, Mode et Métiers d’art.

Les incubés ont aussi accès à une véritable “boîte à outils, déployés en fonction des besoins”. Ils bénéficient “d’un accompagnement personnalisé par l’encadrement de l’Incubateur et l’équipe du BDMMA, de rendez-vous et formations gratuites avec des consultants-experts (finance, communication, juridique, marketing…)”. Parmi les thématiques abordées, faisant souvent défaut à ses incubés, Mathilde Nony note le “positionnement” de la marque, “la capacité à bien comprendre son client, que ce soit en B to B ou B to C”, mais aussi “les enjeux de la digitalisation (communication, vente…)”.

Les résidents enrichissent aussi leur contacts, via des mises en relation avec le réseau des Ateliers de Paris, près de 300 entreprises incubées ces 20 dernières années et avec les écosystèmes sectoriels avec lesquels Incubateur et BDMMA travaillent au quotidien.

 

Force du collectif

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Lora Sonney, incubée aux Ateliers de Paris. Crédits photos : ©BDMMA

 

Une force du collectif que les résidents vivent également au sein de l’Incubateur, où ils partagent conseils et bonnes pratiques, “même dans un secteur différent du leur”, et “réalisent parfois des collaborations créatives”. Le cas de deux marques mode et bijoux, actuellement en train de développer une collection capsule de bijoux, à la croisée de leurs deux univers.

Enfin, l’Incubateur, c’est aussi de la visibilité offerte, que cela soit via les outils de communication (newsletter, site Internet, réseaux sociaux, journées portes ouvertes …) des Ateliers de Paris, les différents évènements organisés dans sa galerie ou rendez-vous extérieurs, comme la Biennale Révélations, Métiers d’art et Création à Paris ou la Design Week de Milan.

Parmi les incubés Mode actuels, figurent notamment Maison Douillet, s’inspirant des modes de vie ruraux et alpins d’antan, valorisant en France des matières naturelles, principalement la laine, dans ses prêt-à-porter et accessoires ou Lora Sonney, qui transforme de vieux tuyaux d’arrosage en une matière servant à confectionner des articles de mode dans l’Hexagone ou au Portugal. La marque d’upcycling, 2 Mai Paris faisant par exemple transformer des couvertures polaires en vestes entre Paris et Troyes est, elle, sortie de l’Incubateur en septembre 2025. Consolidée par son passage aux Ateliers de Paris, sa créatrice Alice Rio Derrey a ouvert un atelier boutique dans le 20ème arrondissement parisien.

 

Faciliter l'accès à la confection avec la MSFC

Côté fabrication, l’Incubateur n’a pas vocation à mettre directement en relation les incubés. “Notre force est d’être bien connecté aux écosystèmes concernés et de nous appuyer sur les bons partenaires pour chaque problématique précise”, souligne Mathilde Nony. En l’occurrence, pour la confection française de vêtements, l’Incubateur travaille avec la Maison des Savoir Faire et de la Création (MSFC) (et pour les métiers du cuir avec le dispositif Faire de Lance).“Les jeunes pousses, ayant de très faibles volumes de production, ont des difficultés à trouver des ateliers. Grâce à sa connaissance fine du secteur, la MSFC fait des mises en relation très utiles, en ciblant les bons interlocuteurs. Sylvie Maignan, responsable de mission de la structure, vient d’ailleurs à chaque fois présenter la plateforme aux nouveaux résidents”.

“Dans une période économique difficile quel que soit le secteur et a fortiori pour des structures débutantes”, Mathilde Nony souligne que le rôle des Ateliers de Paris est “de continuer et renforcer” son “soutien à ceux qui se lancent dans la belle aventure de l'entreprenariat”. Et de conclure que “plus globalement, la Ville de Paris continue de porter, soutenir et valoriser la fabrication locale, un circuit le plus court possible et de faire connaître toutes ces entreprises de proximité à la clientèle (via notamment le label “Fabriqué à Paris”, ndlr).

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