Aller au contenu principal
Rubrique
Publié le

De(ux) Mains du Luxe : l’Habillement au coeur du luxe

Visuel
Image
Accroche

Lors de la cinquième édition des De(ux) Mains du Luxe, le Comité Colbert a invité scolaires et grand public à découvrir les savoir-faire indissociables du secteur, notamment ceux de l’Habillement, et le parcours pour rejoindre des entreprises qui recrutent.

Contenu

Depuis sa réouverture en juin, le Grand Palais attire le grand public avec des expositions comme “Du Cœur à la Main : Dolce & Gabbana”. Mais du 2 au 5 octobre dernier, c’est un événement pas comme les autres qui a fait venir les visiteurs… Le Comité Colbert, l’association des Maisons françaises du luxe, avait en effet choisi cette institution culturelle, désormais l’un de ses membres, pour organiser la cinquième édition des “De(ux) Mains du Luxe”.

Depuis les débuts de l’initiative, la vocation est la même : sensibiliser jeunes et moins jeunes aux nombreux métiers manuels du luxe, grâce à des démonstrations vivantes des savoir-faire et faire naître des vocations en permettant aux visiteurs de tester leur propre agilité. Mais aussi faire connaître les voies à suivre (formations, apprentissage, reconversion) pour rejoindre des Maisons qui recrutent. 

 

Une édition XXL

Image

Après quatre éditions ayant réuni plus de 35 000 visiteurs à Paris et en région, le Comité Colbert a ainsi frappé un grand coup avec une version XXL de 2500 m2 d’exposition immersive, dans un décor inspiré d’une forêt enchantée. 

“Jamais autant de Maisons de luxe n’ont été réunies dans une même exposition pour défendre les métiers de la main”, s’est réjoui le Comité. Seulement 23 en 2022, elles étaient 32 Maisons en 2025, parmi les 98 entreprises françaises membres de l’association présentes dans divers secteurs (mode et haute couture, arts de la table, cuir et maroquinerie, décoration et design, gastronomie et hospitalité, parfums et cosmétiques). Côté formation, une vingtaine d’écoles et autres acteurs étaient au rendez-vous cette année contre six établissements lors de l’édition inaugurale. 

 

Presque 40.000 visiteurs

Côté visiteurs, 9000 collégiens et lycéens (contre 4000 jeunes en 2022) se sont déplacés, les 2 et 3 octobre, réservés aux scolaires. Tandis que la soirée du 3 et les journées des 4 et 5 octobre, ouverts gratuitement à tous publics sur inscription, ont accueilli près de 30 000 visiteurs. Car si l’événement ciblait en priorité jeunes en phase d’orientation et adultes en reconversion, il se voulait aussi ouvert au “grand public curieux de découvrir les coulisses du luxe”.  

Outre les démonstrations concrètes des Maisons, un programme de 27 conférences, débats et autres masterclass, conçu en partenariat avec Le Monde, a aussi permis de capter l’attention. Créateurs, dirigeants, journalistes, spécialistes du luxe et de l'art de vivre ont évoqué les enjeux du secteur et les coulisses des grandes Maisons. Plusieurs sujets avaient trait au secteur de la confection et de la couture, à l’instar de la masterclass “Une robe Haute Couture à la loupe”, où intervenaient Antoine Gagey, directeur général et Fanny Thinselin, Première d’Atelier Haute Couture chez Jean Paul Gaultier. 

  

Mode et Haute Couture à l’honneur

Image

Parmi les spécialités structurant l’exposition, la Mode et Haute Couture était bien représentées avec Celine, Chanel et le19M, Christian Dior Couture, Hermès et Jean Paul Gaultier. Les démonstrations proposées par leurs artisans de couture ou de broderie ont incité de nombreux visiteurs à se mettre dans “la peau d’un artisan du luxe.”  

Sur le stand du 19M Chanel (regroupant près de Paris douze métiers dont onze classés “métiers d’art” de Paraffection, filiale de l’iconique Maison), on pouvait admirer les artisanes brodeuses d’Atelier Montex. Issues de ses 70 salariés, des trios se relayaient pour montrer comment broder, “en 3D” des fleurs prêtes à s’envoler.  Attirés par le nom magique de “Chanel”, les intéressés étaient nombreux à s’agglutiner sur le stand et imiter ces gestes donnant naissance à des échantillons de beauté pure. Fondé en 1949 à Paris, repris en 2011 par Paraffection, Montex est reconnu pour ses créativité et “capacité à repousser les limites”, expliquait une porte-parole du groupe. 

 

Susciter des vocations durables

Pour les Maisons, outre le plaisir de partager leur passion et valoriser ces mains garantes de l’excellence de la fabrication française, l’enjeu du rendez-vous est crucial. Il s’agit de convaincre de la beauté de leurs métiers et de susciter des vocations durables. 

Toutes ont en tête les statistiques générales sur les salariés des métiers d’art, analogues au sein de la filière Mode Habillement. Selon la dernière étude OPCO2i, un quart des salariés exerçant un métier d’art sont âgés de 55 ans et plus ! Et 60% des nouveaux professionnels sont des adultes en reconversion.  Il est donc urgent pour les Maisons de luxe et les ateliers de la filière Habillement d’être capables de remplacer des salariés qui partiront en retraite et de transmettre aux jeunes leurs savoir-faire, adaptés aux mutations actuelles (modes de consommation, digitalisation, transition écologique...). 

Même si, selon Pôle Emploi, les jeunes actifs changeront en moyenne 13 à 15 fois d'emploi durant leur vie, il peut être vertueux de leur donner envie de choisir un métier d’excellence. Un emploi pérenne où ils trouveront du sens et s’amélioreront sans relâche. 

 

La campagne Savoir pour Faire au cœur du Salon

Image

Partenaire des De(ux) Mains du Luxe, la campagne Savoir pour Faire occupait de nouveau, lors cette cinquième édition, une place de choix, côtoyant les acteurs de la formation.

Portée par le Comité Stratégique de Filière Mode & Luxe et l’OPCO 2i, cette campagne nationale valorise les métiers techniques, formations et savoir-faire d’exception des industries créatives françaises, dont la Couture et l'Habillement. Depuis son lancement en 2019, elle a touché plus de 30,9 millions de personnes et fédère une communauté de 35 000 passionnés. Parmi ses leviers de communication (vidéos, podcasts diffusés sur YouTube et  les réseaux sociaux), son site Internet savoirpourfaire.fr propose témoignages, parcours de formation, événements et autres offres d’emploi.

“Nous avons pu constater lors des De(ux) Mains du Luxe que notre plateforme répondait vraiment à des besoins, explique Agnès Etame Yescot, coordinatrice de la campagne Savoir pour Faire. Le retour que nous avons eu au Salon de la part des scolaires, mais aussi des professeurs et conseillers d’orientation les deux premiers jours de l’événement, était très enthousiaste. Ils étaient ravis de disposer d’un site et d’un guide d’orientation professionnel listant les possibilités de ces métiers qu’ils ne connaissaient pas toujours. Nous étions pendant ce Salon comme dans une bulle enchantée, avec les Maisons qui partageaient leurs savoir-faire et des visiteurs qui les regardaient et testaient. De notre côté, nous donnions de l’espoir en leur montrant que ces métiers leur étaient accessibles et avec quelles écoles. Nous leur avons ouvert les champs du possible, et ce, dans un secteur qui recrute. C’est quelque chose de très positif”

 

La filière habillement représentée

Image

La filière Habillement était représentée sur le stand de Savoir pour Faire par les responsables de la Maison du Savoir-Faire et de la Création (MSFC) -membre du groupe de travail de la campagne- venues répondre à de nombreuses questions. L’occasion d’appuyer sur l’importance de la formation et du recrutement dans l’Habillement, tout en distribuant les prospectus de Savoir pour Faire et le guide d’orientation de la filière Mode & Luxe éditée par la campagne. Afin d'apporter un témoignage concret d'un parcours professionnel remarquable dans les métiers techniques de la confection, Audrey Geschwind, fondatrice et directrice de l'Atelier 7474 référencé sur la plateforme de la MSFC, est venue également témoigner et répondre aux interrogations des visiteurs.

 

Écoles d’excellence

Image

Côté formation, trois écoles d’excellence ont exposé un échantillon du vaste dispositif d’enseignement préparant aux métiers de l’Habillement et de la Couture. Si le Lycée public Turquetil faisait plutôt une démonstration du travail du cuir auquel il prépare via un Bac Pro, ce dernier compte aussi dans son cursus un CAP Métiers de la mode-vêtement flou et un Bac Pro Métiers de la mode-vêtement. L’incontournable Institut Français de la Mode (IFM), s’était aussi déplacé, lui qui offre la palette de formations dans la filière Mode et Luxe la plus étendue de France, allant du CAP au Master en passant par le Brevet professionnel.  

Enfin, l’Institut des Métiers d’Excellence (IME), créé en 2014 par LVMH présentait, dans la filière Habillement, ses formations (CAP Métiers de la Mode- vêtement Flou ou Tailleur  et Master Design Mode et Industries Créatives) déployées avec ses établissements partenaires (IFM, Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, Duperré Paris). Tous secteurs confondus (pas seulement la Mode…), il a déjà formé en alternance plus de 3300 apprentis, jeunes ou personnes en reconversion, bénéficiant d’un “enseignement d’excellence”, d’une expérience professionnelle et de masterclass dans l’une des 49 Maisons de LVMH, partenaires de l’IME. “Nous avons eu affaire à beaucoup de très jeunes scolaires, en sixième et encore plus en troisième, très bien préparés. Les métiers manuels les interpellent et nous avons eu de très bons échanges”, expliquait Charlotte Arnoux, la responsable de l’IME France, Suisse et Espagne.

 

Des améliorations nécessaires

Image

Lors de la conférence inaugurale des De(ux) Mains du Luxe, Bénédicte Épinay (Comité Colbert) a admis que “les formations actuellement existantes en France”, n’étaient probablement pas encore toutes “assez insérantes”, d’où la nécessité d’ “encore rapprocher les entreprises des jeunes”. Constat partagé par Brigitte Flamand, inspectrice générale design métiers d’art et mode. Les cursus de formation aux métiers d’art font d’ailleurs l’objet d’une remise à plat pour davantage les adapter aux besoins du terrain. Et selon la représentante du ministère de l’Education nationale, les “De(ux)Mains du Luxe” jouent “un rôle d’accélérateur” et de soutien de la transformation des métiers d’art, en “ouvrant de nouvelles perspectives pour les jeunes”. Comptant sur les entreprises pour accueillir, en stage, les jeunes apprenants, puis les recruter, elle a souligné que “dans un monde incertain et complexe”, c’était “un des plus beaux cadeaux” à  leur offrir.

Retour au magazine